A Los Angeles, une joueuse de casinos est témoin d’un braquage commis par un homme mystérieux surnommé « Le Chauffeur » par sa capacité à fuir en voiture sans jamais être rattrapé par la police. Un brillant détective est pourtant lancé à ses trousses, sans résultat! Pour le piéger, il met en place un faux casse censé réussir…
Remarqué en 1975 avec sa première réalisation, Le Bagarreur, le scénariste et réalisateur américain Walter Hill accouche d’un thriller nerveux pour son second opus. Driver se présente comme un quasi western urbain, tourné essentiellement de nuit dans les rues de L.A et mettant en scène une traque entre un spécialiste des braquages et un flic pugnace bien décidé à l’arrêter. La stylisation extrême de l’image, le rendu des plans nocturnes et la réalisation punchy de Hill rapproche son film de l’univers de Melville, avec son économie de dialogues, ses gangsters taiseux, sa tension continue. La psychologie et les émotions des personnages, volontairement intériorisés, donnent la sensation d’un film très froid, cérébral, ce qui détonne dans le genre du polar américain traditionnel. En cela, Driver sort du lot et ne ressemble pas aux films d’Eastwood, de Charles Bronson ou Steeve Mac Queen (à qui le héros principal fait pas mal penser dans son action solitaire et posée). L’élément négatif se situe hélas dans le scénario: minimaliste au possible, peu développé, il aligne les séquences de poursuites en bagnoles (certes efficaces) en oubliant de complexifier un peu son histoire et ses enjeux. D’où une impression tenace d’inachèvement et de déception à l’arrivée…
En chauffeur cow boy charismatique, Ryan O’Neal joue à fond la carte de la séduction tranquille, dans un jeu là aussi des plus « neutres ». Bruce Dern, par contre, en fait des caisses avec son personnage de flic teigneux. Entre eux, le témoin « gênant » prend les traits de notre Isabelle Adjani, un peu égarée dans son premier rôle US, jouant de son inexpressivité marquée et sa beauté diaphane. Il faut avouer que le côté femme fatale lui convient tout à fait! Le schéma ultra classique du voyou, du policier et de la nana aux intentions louches fut le moteur principal de tant d’oeuvres du même type, Walter Hill ne sort de l’ordinaire que par son aptitude à manier sa caméra. Ce qui est déjà pas mal! Mais qui ne constitue pas pour autant un spectacle entièrement emballant.
ANNEE DE PRODUCTION 1978.



